Archives de catégorie : géographie

Désescalade énergétique. Les enseignements du cas libanais

J’ai participé le 4 juillet 2023 au séminaire Désescalade énergétique organisé par Anaïg Oiry, Arnaud Passalacqua et Roberta Pistoni, dans le cadre du groupe de travail Ville et énergie du Labex Futurs urbains. Nous étions accueillis dans les locaux de PCA-Stream, agence d’architecture parisienne dont la cellule recherche a effectué un beau travail en éditant un podcast synthétisant les principaux enseignements de la séance. On peut ainsi écouter mon analyse du cas libanais, mis en relation avec les cas cubain et vénézuélien, à partir de 2’40”.

Résumé du séminaire:

Comment les territoires font-ils face à la réduction de leur puissance énergétique ? À l’occasion de la journée d’étude Désescalade Énergétique, organisée à l’agence par le groupe de travail Ville et Energie du Labex Futurs Urbains, cinq chercheurs et chercheuses présentent leurs travaux. Beyrouth, passage du cyclone Irma sur l’île de Saint-Martin, gestion des ressources au Moyen-Âge, choc pétrolier de 1973, et crise environnementale actuelle : tour d’horizons.

Prix de thèse sur la ville 2023 – Agnès BASTIN, Grand Prix

J’ai eu le grand honneur et le grand plaisir d’accompagner la thèse d’Agnès Bastin, intitulée “Des métabolismes territoriaux en transformation ? Gouvernance des matériaux de chantier et expérimentations de nouvelles valorisations en Île-de-France et dans la région de Bruxelles”, soutenue en juin 2022 et qui a été couronnée du Grand Prix de thèse sur la ville en 2023, décerné par l’APERAU et le PUCA.

Elle répond ici aux trois questions suivantes : 

  • 0:05 Une ou deux idées de votre thèse ?
  • 2:47 Comment se saisir de vos travaux ?
  • 4:54 Quels conseils aux jeunes étudiants qui envisagent de faire une thèse ?
à retrouver directement sur https://www.youtube.com/watch?v=iCu-TkyLojQ

On peut consulter sa thèse en ligne : Agnès Bastin. Des métabolismes territoriaux en transformation ? Gouvernance des matériaux de chantier et expérimentations de nouvelles valorisations en Ile-de-France et dans la région de Bruxelles. Sciences de l’Homme et Société. Institut d’études politiques de Paris – Science Po, 2022. Français. ⟨NNT : 2022IEPP0020⟩. ⟨tel-03975799⟩

ainsi que l’ouvrage publié par le PUCA qui synthétise la partie consacrée aux enjeux et politiques publiques qui concernent la région parisienne : Agnès Bastin. Gouverner le métabolisme : les terres excavées franciliennes. Edition PUCA, 158 p., 2023, Réflexions en partage, 9782111382206. En ligne :: ⟨hal-03992233

L’Anthropocène qui se fabrique sous nos yeux : visite du site de valorisation des terres excavées de Villeneuve-sous-Dammartin (77)

Le 23 septembre dernier, j’ai participé à l’escape game organisé par la société ECT visant à faire découvrir son site de valorisation des terres excavées de Villeneuve-sous-Dammartin, non loin de Roissy. Agnès Bastin, dans son travail doctoral  (prix de la meilleure thèse sur la ville 2023) sur la gouvernance du métabolisme des terres en Ile-de-France (voir aussi le livre issu de sa thèse), a analysé en détail l’activité d’ECT qui opère essentiellement en Ile-de-France et a aménagé plusieurs parcs à partir de terres excavées comme leur site de Moissy Cramayel au sud de la Seine et Marne. ECT est également impliquée dans le projet Cycle Terre, visant à la création d’une fabrique de produits de matériaux de construction en terre crue. Même si son activité commence à devenir publique, elle reste intrigante. Elle pratique l’aménagement paysager à partir de matériaux qui sont techniquement des déchets, quoique inertes, c’est-à-dire non-polluants et cela, à une échelle massive même si la localisation périphérique de ces projets les laisse largement sous les radars. Cette visite ludique, à laquelle environ 400 personnes ont participé selon la société, a été l’occasion d’observer directement la fabrique de ces transformations périurbaines, et par là même celle des nouveaux reliefs de l’anthropocène, cette époque géologique où l’humanité est devenue un moteur de la transformation de la forme de la croute terrestre, au même titre que la tectonique ou l’érosion.

Le site vu sur Google Map (cliquer pour grossir)

 

 

 

 

 

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Le Liban, un Etat en voie de disparition

J’ai participé à la table ronde organisée le 9 novembre der nier (2022) par l’IREMMO autour du numéro 56 de la revue Moyen-Orient et j’y ai présenté mon article « La crise électrique du Liban: une lecture géographique ». A voir en vidéo, mon intervention entre 5’37 et 27’02, suivie de Leila Seurat qui présente son article « À Beyrouth, au-delà du stigmate des «mercenaires du pouvoir» », puis les questions et réponses.

Carbon footprint of MENA cities

I recently drew map of MENA cities ranked by their carbon footprint. I used the data processed with my colleagues from the Atelier cartographique de Sciences Po for a chart on cities and their footprint. Even if a few Middle Eastern cities show on this chart (Cairo, Riyad, Kuwait), it’s difficult to get a complete understand of the main challenges regarding the cities from this region.

Les 500 premières villes mondiales par leur empreinte carbone. Source : Atlas des mondes urbains, 2000, ©Presses de Scienes Po. Créateur : Atelier cartographique de Sciences Po.

Most of the time, data on carbon footprint in the region is not visualized at the city level, but rather at the nation level, like these charts and maps by Karim Elgendy on his blog Carboun, one of the useful resources on this issue in the region. For small countries, in the Gulf for instance, it is not a problem. However, when speaking of bigger countries, it is useful to have a finer view.

MENA cities according to their carbon footprint (2015). Data : Global Gridded Model of Carbon Footprint http://carbonfootprint.info. Author: Eric Verdeil, CC by, using Magrit software.

It is important to note that the map only represents cities that are ranked among the biggest 500 cities in the world by their carbon footprint. Some big cities, such as Oran, Tanger, Damascus, Aleppo, Mascate, etc. are not on the map because they don’t feature in this list. I also chose not to show European cities, given the context where those data were presented.

Whatever the limitation of the data, the map displays an interesting message. There is a clear discrepancy between the carbon intensive cities of the Gulf, specifically Saudi Arabi, the Emirates and Qatar, as opposed to North African cities and most other cities in the Mashreq. Is is surprising for the cities of some oil exporting countries, such as Algeria, Iraq and may be Egypt. Iranian cities stand in an intermediary catogory, but quite similar to Turkish cities.

It suggests that, more than the involvement in hydrocarbon exploitation population, it is wealth and the associated standards of life (prominence of individual car use, air conditioning, resource-intensive construction) that factor in the calculation of the carbon footprint. National data linking carbon footprint and wealth inequalities, at the intenational and internal level, demonstrate it clearly in a recent study by the World Inequality Lab (Chancel 2021).

Pour aller plus loin, je me permet de renvoyer à de précédentes analyses sur le même sujet avec des approches plus orientées sur les questions de gouvernance et de modèles:

Verdeil Éric, 2018, « Energy Transition and Urban Governance in the Arab World » dans Eckart Woertz (ed.), “Wise Cities” in the Mediterranean? Challenges of Urban Sustainability, Barcelona, CIDOB, p. 93‑102.

Verdeil Eric, 2019, « Arab Sustainable Urbanism: Worlding Strategies, Local Struggles », Middle East – Topics & Arguments, 25 juin 2019, vol. 12, p. 35‑42.

Verdeil Éric, 2019, « Sustainable Urbanization? », World Energy, avril 2019, no 42, p. 32‑35.

Seafront Reclamations, Rubble, and Waste: A Metabolic Reading of Lebanese Urbanization

Jana Nakhal and Abir Saksouk from Public Works Studio recently asked me to write about Beirut’s seafront reclamations among a series of pieces dealing with rubble, seen not only a metaphor of the Lebanese condition but its mere material incarnation. You can find the whole series here, the intro piece (Rubble. Back Filling as a Process of Rewriting History) by Jana Nakhal and my own article, which I reproduce here.

Since the outbreak of the waste crisis in the wider Beirut area in 2015, the Lebanese government has resorted to the supposedly temporary solution of storing municipal waste in the coastal landfills of Borj Hammoud, Jdeideh, and Costa Brava. Far from being new or temporary, this solution is in fact merely a repetition of decisions implemented during the Civil War, and in a number of Lebanese coastal regions such as Saida and Tripoli, all of which share several characteristics.[1] For instance, reclamations are often assigned to areas allotted for development in urban plans from the 1950s and 1960s, that were never implemented. These reclamations have become an important source for public works and real estate actors who are linked to leading Lebanese politicians, to dramatically increase profits and, in some cases, monopolize the land rent generated by these developments. Finally, the material that gives these embankments their reality erupts in moments of what we might call metabolic disturbances: when a seemingly sudden urban crisis results in an unexpected flow of materials that need to be stored in a particular place (e.g. municipal waste, rubble). These mechanisms of urbanization are a clear illustration of the notion of the Anthropocene, in that they constitute a new geological stratum created by human action. Continuer la lecture

Cartographie du Moyen-Orient : représentation, manipulation : une controverse de l’IREMMO

J’ai participé le 12 mai à une “controverse”, en fait un débat organisé par l’IREMMO sur la question de la possibilité de cartographier le Moyen-Orient, en compagnie de Dominique Vidal et de Philippe Rekacewicz. Voici la vidéo :

Pour naviguer plus efficacement, l’IREMMO a préparé un utile sommaire.

00:00 – Introduction par Dominique Vidal 06:00 – Intervention de Philippe Rekacewicz   17:00 – Comment le cartographe peut-il rendre compte de cette complexité du monde ?  24:00 – Intervention de Eric Verdel 31:00 – Une géographie instrumentalisée  35:00 – Les cartographies alternatives d’ONG 40:00 – La représentation des lignes de fractures dans la société libanaise 47:00 – La démographie et la cartographie de la Palestine 55:00 – Cartes militaires et cartes civiles  57:00 – La carte mentale 01:07:00 – La légende d’une carte 01:25:00 – Google et la cartographie 01:37:00 – La superposition des acteurs avec l’État-nation  01:40:00 – La représentation du confessionnalisme au Liban

La reconstruction de Beyrouth après le 4 aout au miroir des reconstructions précédentes

J’ai eu le plaisir de participer le 4 décembre 2020 à la journée d’étude du Centre arabe de recherches et d’études politiques Les villes dans le monde arabe, organisé par Isabel Ruck, et plus particulièrement au premier panel animé par Leïla Vignal Conflits armés et reconstructions, en compagnie de Myriam Ababsa sur Raqqa, Valérie Clerc sur Damas et Rouba Wehbé sur l’exclusion des Palestiniens des marchés fonciers au Liban.

Je me suis efforcé de saisir les différences entre ces épisodes de reconstruction selon trois grands enjeux : la nature et la temporalité des destructions, ainsi que leurs effets sociaux ; la dimension politique des reconstructions, en particulier les enjeux de peuplement qui leur sont associés ; et les cultures urbanistiques qui façonnent les débats, les conceptions et les outils de la reconstruction. A partir d’une rapide lecture des reconstructions de Beyrouth dans les années 1990 et en 2006, je m’efforce de caractériser les enjeux et les débats de la période actuelle. Mon intervention commence à partir de 1h52mn.

[MçJ 25/2/2021 : une version écrite de mon intervention est désormais disponible en ligne via le site du CAREP]

Dialogue sur le Liban à la croisée des chemins

A l’invitation du MUCEM dans le cadre du cycle Les lundis d’après, en réponse aux questions de Joseph Confavreux de Médiapart, je dialogue avec Ziad Majed sur les enjeux de la réponse à la crise économique, financière et politique au Liban environ cent jours après l’explosion du 4 août. Débat enregistré le 13 novembre 2020.