(IN)VISIBLES CITES COLONIALES / COLONISEES

A signaler, cette annonce de colloque. Les axes 1 et 4 me paraissent les plus novateurs. (MàJ le 14 mai)

(IN)VISIBLES CITES COLONIALES
Stratégies de domination et de résistance
de la fin du XIXe siècle à nos jours.
Colloque international et pluridisciplinaire
24 et 25 mars 2011
Ce colloque est organisé dans le cadre du programme de la Maison Interuniversitaire des
Sciences de l’Homme – Alsace (MISHA) « Villes invisibles et écritures de la modernité : vers
une nouvelle géographie de l’identité » (http://villesinvisibles.misha.fr), en partenariat avec le
département d’architecture de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de
Strasbourg, le laboratoire « Cultures et Sociétés en Europe » (FRE 3229) et l’équipe d’accueil
en études germaniques « Mémoires et frontières » (EA 1341) de l’Université de Strasbourg
« Gardez-vous bien de leur dire que parfois des villes différentes se
succèdent sur le même sol et sous le même nom, naissent et meurent
sans être connues, sans jamais avoir communiqué entre elles.
» (Italo
Calvino, Les villes invisibles, 1974)
Le colloque se propose de mettre en lumière les relations entre processus de
colonisation et d’urbanisation à travers les notions de visibilité / invisibilité. La colonisation
fait intervenir systématiquement des rapports de pouvoir et la substitution d’un ordre par un
autre de façon plus ou moins violente ou radicale. Il s’agira non seulement d’étudier les
pratiques urbanistiques qui se caractérisent par une forme de domination, de cécité,
d’incompréhension par rapport à un territoire urbain, mais également les résistances à cette
domination et leurs manifestations culturelles (usages, événements, …) et objectales (spatiales

1) Villes-strates : superpositions spatiales et temporelles

La ville visible se présente comme une surface reposant sur diverses couches ou strates
temporelles. Elle n’est jamais une dans l’instant, « synchrone avec elle-même » (Marcel
Roncayolo, La Ville et ses territoires, 1990), car l’espace « se verticalise » dans le temps. Le
lieu urbain étant « un feuilleté d’Histoire » (Henri Lefebvre, La production de l’espace, Paris,
1974), l’identité d’une ville réside dans la profondeur, dans la diachronie qui s’exprime dans
les strates historiques, réelles, imaginaires ou symboliques, qui fondent les lieux. Or, les
processus de colonisation dénient la présence de strates invisibles sous ou dans la ville
visible : la ville coloniale se construit sur un lieu (ou non loin d’un lieu) déjà occupé
précédemment, lui déniant toute épaisseur, profondeur historique et diversité sociale.

2) La question du mimétisme colonial

La construction d’une ville coloniale vise le plus souvent à reproduire, à « dupliquer »
la ville métropolitaine, mettant en œuvre un phénomène de « mimétisme » (Homi Bhabha,
The Location of Culture, 1994) élevé au rang urbain. Cette colonisation urbanistique reste
centrée sur la question de la reproduction, elle-même ancrée dans l’idée de modèle et de
copie, d’authenticité et de pastiche, dont il conviendra de mettre en avant l’ambivalence en
posant la question des limites de toute re-production architecturale. L’invisibilité se situe alors
au sein d’un « espace-tiers », dans le décalage plus ou moins perceptible entre la copie et

3) Laboratoires d’idées nouvelles et projections utopiques

La ville coloniale peut également être abordée comme une projection utopique qui se
prend dans le rêve de la cité idéale : les représentations de l’espace urbain se superposent
alors à l’élaboration de modèles sociaux. Ainsi, les « fronts pionniers », compris comme un
mouvement de colonisation d’une société à l’intérieur de ses propres frontières politiques,
impliquent la conquête d’un espace tenu pour neuf et « vierge » et la négation des cultures
existantes. Ces terres que l’on cherche à s’approprier servent de surface de projection à des
villes imaginées/imaginaires, dont la réalisation effacera toute réalité antérieure. A
l’invisibilité d’un espace perdu, se superpose l’invisibilité de la ville en devenir, bâtie parfois
seulement dans le rêve des pionniers. Toutes ces villes en devenir ne sont pas promises au
futur brillant qu’ambitionnent pour elles leurs bâtisseurs. Si certaines parviennent à se
structurer et perdurer, d’autres végètent, voire tendent à devenir des « villes-fantômes »,
comme celles de l’Ouest américain.

4) Stratégies de résistance

Dans tous les cas, la colonisation cherche à transformer l’existant, à l’englober, à le
recomposer selon l’ordre établi par les colons. Elle génère l’invisibilité dans la ville par la
fusion ou par l’occultation, voire le camouflage des populations autochtones. L’on pourra
s’interroger sur les rapports de domination et de résistance entre les colons et les autochtones,
sur la place accordée à ces derniers au sein de l’espace physique, géographique et social : en
périphérie, dans les interstices, hors des limites de la ville ? L’on pourra également
questionner les stratégies de résistance à la mise en conformité coloniale élaborées par ces
derniers, ainsi que les directions et les formes diverses qu’elles ont pu prendre.
Ce colloque étant pluridisciplinaire, les contributions attendues pourront concerner
aussi bien la littérature que la sociologie, l’ethnologie, la géographie, l’urbanisme, etc. et
porter sur des supports divers (architecture, peinture, cinéma, romans, bande dessinée…).
Contacts / Comité scientifique :
Aurélie Choné, Mcf études germaniques, Responsable du programme MISHA « Villes
invisibles et écritures de la modernité : vers une nouvelle géographie de l’identité », équipe
d’accueil « Mémoires et frontières » (EA 1341) : achone@unistra.fr
Karine Dupré, Mcf architecture, Directrice du département Architecture INSA de
Strasbourg : karine.dupre@insa-strasbourg.fr
Laurence Granchamp Florentino, Mcf sociologie, Laboratoire « Cultures et Sociétés en
Europe » (FRE 3229) : laurence.granchamp@misha.fr
Catherine Repussard, Mcf études germaniques, équipe d’accueil « Mémoires et frontières »
(EA 1341) : repussardcatherine@wanadoo.fr
Frais d’inscription au colloque : 50 euros (tarif normal) ; 20 euros (doctorants).
Soumission des propositions et des articles :
Les titres et résumés de 1.500 mots, accompagnés des coordonnées, statut et adresse
administrative des conférenciers, sont à envoyer pour le 1/9/2010 à l’adresse mail suivante :
Les articles, d’un maximum de 40.000 signes (espaces non compris), mis aux normes
comme indiqué sur le site http://villesinvisibles.misha.fr à la rubrique « Publications », sont à
retourner pour le 30/4/2011 par voie postale à l’adresse suivante :
Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme – Alsace (MISHA)
5 allée du Général Rouvillois – CS 50008 – 67083 Strasbourg cedex
et par voie électronique à l’adresse suivante : citescoloniales@misha.fr
Langues du colloque : allemand, anglais, français, avec une préférence pour la langue
française, y compris pour les articles écrits.


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Eric Verdeil (3 mai 2010). (IN)VISIBLES CITES COLONIALES / COLONISEES. Rumor. Consulté le 15 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/ttv5


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